Chauves-souris et contrôle des insectes ravageurs à l’Empordà

Projet Eco-Bats de Galanthus : étude et promotion du potentiel des chauves-souris pour contrôler les insectes ravageurs

Galanthus est un organisme à but non lucratif fondé en 1999 qui se consacre, depuis sa création, à l’étude et à la diffusion des valeurs naturelles de notre environnement. Il axe actuellement son travail dans trois directions : la biodiversité urbaine, la flore et les chauves-souris.

Dans le domaine de la biodiversité urbaine, Galanthus mise sur la promotion de la présence d’espèces animales et végétales autochtones dans nos villes, en insistant sur leur contribution à notre bien-être. Les actions que mène à bien Galanthus visent la conservation et le développement des espèces qui vivent dans des immeubles, en gérant et en réglant les problèmes qu’elles pourraient éventuellement causer. L’organisation vise également l’amélioration de la présence de la faune et de la flore autochtone dans les espaces verts urbains et la naturalisation des milieux aquatiques urbains (sources, bassins et étangs) pour maintenir en bon état et en même temps améliorer leur qualité environnementale.

Dans le contexte actuel de mondialisation, nous pouvons constater l’arrivée d’un flux considérable et croissant des espèces de flore exotique. Certaines d’entre elles trouvent ici les conditions appropriées pour prospérer et deviennent envahissantes, pouvant compromettre les habitats autochtones. Galanthus a un long parcours en matière de recensement des espèces de la flore et des habitats d’intérêt, d’ élimination des espèces exotiques envahissantes et rétablissement des habitats en testant constamment de nouvelles méthodes et outils pour améliorer la gestion de nos habitats autochtones.

Les chauves-souris appartiennent à l’un des groupes de mammifères des plus varié et inconnu de notre habitat. Galanthus a plus de 15 ans d’expérience dans l’étude de ces mammifères, de leur répartition et de leur écologie, en encourageant des actions pour leur conservation et en menant à bien des campagnes de sensibilisation pour informer et sensibiliser le public sur leur importance écologique dans nos écosystèmes. Au cours des dernières années, les actions de notre organisation ont été axées sur le développement de ces espèces et l’évaluation des services liés à l’écosystème qu’elles apportent aux l’homme (les bénéfices qu’elles nous procurent), par l’étude et la divulgation des effets qu’elles ont sur le contrôle des insectes ravageurs des terres agricoles.

Chauve-souris chassant une pyrale du riz, un fléau majeur de cette culture (photo d’Oriol Massana)

Chauve-souris chassant une pyrale du riz, un fléau majeur de cette culture (photo d’Oriol Massana)

Chauves-souris et contrôle des insectes ravageurs

Les chauves-souris servent de pesticides naturels délivrant ainsi un service écosystémique d’un grand impact sur l’économie et sur la santé. C’est au cours de la dernière décennie que sont apparues les premières études qui confirment le rôle primordial que les chauves-souris exercent sur le contrôle des insectes ravageurs des cultures et des communautés d’insectes en général. Aujourd’hui nous savons, par exemple, que si toutes les chauves-souris d’Amérique du Nord disparaissaient d’un coup, il faudrait dépenser près de 22.000 millions de dollars par an en pesticides pour juguler les parasites agricoles. Nous savons également que près de 25.000 personnes bénéficient d’une certaine sécurité alimentaire en Thaïlande grâce à la voracité des chauves-souris qui mangent les pyrales du riz. Sans cela, les récoltes seraient nettement moins abondantes.

En 2015, Galanthus et le Musée des Sciences Naturelles de Granollers, en collaboration avec l’Association de Défense Végétal du riz du Delta de l’Ebre, ont publié les résultats de tests réalisés dans les rizières du Delta de l’Ebre qui démontrent clairement que si l’on réussit à établir des colonies de plus de 12 chauves-souris par hectare dans les rizières, le contrôle exercé sur les insectes ravageurs permet d’économiser environ 50€ par an en pesticides, outre les avantages environnementaux que cela impliquerait. Ce premier succès encourage l’équipe de recherche à effectuer des tests dans d’autres contextes pour évaluer de quelle manière on peut étendre ces résultats à d’autres milieux agricoles.

Nichoir occupé par une chauve-souris dans les rizières du Delta de l’Ebre (photo d’Oriol Massana)

Nichoir occupé par une chauve-souris dans les rizières du Delta de l’Ebre (photo d’Oriol Massana)

C’est pour cette raison que Galanthus envisage de nouveaux tests dans un contexte différent comme par exemple, les rizières de l’Empordà, avec pour objectifs :

  • Recueillir des données scientifiques et exportables sur les effets des chauves-souris sur les insectes ravageurs aquatiques (moustiques, pyrales du riz et chironomes) dans les rizières de l’Empordà.
  • Instaurer un système exemplaire de traitement écologique des insectes ravageurs.
  • Promouvoir l’utilisation des moyens écologiques de contrôle des insectes ravageurs pour un environnement et une production plus sains.
  • Encourager le plus grand nombre de producteurs à intégrer les chauves-souris comme un recours supplémentaire dans le contrôle des insectes ravageurs.
  • Encourager la mise en œuvre de cette expérience dans un cadre international, en particulier dans les pays en voie de développement où le riz est un élément essentiel de l’alimentation humaine.

Au niveau de la recherche, il existe principalement deux hypothèses à vérifier :

  1. Les chauves-souris mangent les insectes dans leur étape ailée (pas les larves) des différentes espèces de moustiques, chironomes et pyrales du riz dans les rizières de l’Empordà. La consommation sera proportionnelle à la densité des chauves-souris.
  2. Il est possible d’augmenter les populations de chauves-souris à moyen terme et de façon définitive en fournissant des abris artificiels près des champs cultivés.
Croquis du projet

Croquis du projet

Pour obtenir des réponses à ces hypothèses, on envisage le plan expérimental suivant :

  • 20 parcelles de rizières ayant des caractéristiques environnementales similaires sont choisies.
  • Des abris pour chauves-souris seront installés dans 10 d’entre elles, en recherchant les endroits et orientations les plus favorables pour favoriser une rapide occupation des abris.
  • Un suivi détaillé sera fait dans toutes les parcelles, sur une période de 4 ans pour suivre a) l’évolution des insectes ravageurs agricoles objets de l’étude (la pyrale du riz), b) la population de chauves-souris qui occupe les abris (pour les parcelles ayant des abris installés) et, c) l’activité des chauves-souris dans les cultures pendant les pics principaux de présence des insectes ravageurs (juillet-septembre).
  • Dès que des chauves-souris seront installées dans les abris, on pratiquera des prélèvements d’excréments dans les abris pour déterminer, par des analyses génétiques, s’ils contiennent des restes de pyrale du riz.

La généralisation de l’utilisation de toute nouvelle méthode agronomique ou de toute méthode alternative passe d’abord par sa divulgation. C’est pourquoi, outre le volet de recherche, le projet met également l’accent sur la campagne de communication des résultats afin de voir, si l’on obtient des résultats positifs, le plus grand nombre possible d’agriculteurs intégrer cette technique de renforcement des populations de chauves-souris comme un moyen de plus du contrôle biologique des fléaux.

Quatre blocs d’actions sont prévus dans le cadre de la campagne de diffusion du projet :

Dans un premier temps la création d’un site Internet sur le projet pour expliquer le projet en lui-même, son état d’avancement et les résultats obtenus. De plus, des informations de caractère plus général sur les chauves-souris et le contrôle des fléaux (blog) seront publiées. Les organismes qui participent au projet y seront également présents. Ils répondront à des consultations et des demandes du public ou d’autres organismes. Le site Internet est www.eco-bats.com.

Une vidéo de divulgation sera également réalisée pour expliquer l’importance des chauves-souris sur le contrôle des fléaux dans les rizières et leur impact au niveau mondial. La vidéo aura une durée d’une minute 50 et elle sera faite en 3D dans un style figuratif.

De façon plus dynamique, on utilisera les réseaux sociaux des institutions concernées pour faire connaître le projet. Galanthus et le musée de Granollers disposent de 3164 abonnés sur Facebook et 1.418 sur Twitter. Un nombre qui augmentera au fur et à mesure de la multiplication des supports.

Enfin, on utilisera des moyens publics et privés pour faire connaître l’initiative et pour élargir la campagne de sensibilisation. Les résultats seront publiés dans des revues scientifiques du secteur agronomique, tel que déjà fait pour le test du Delta de l’Ebre susmentionné afin d’ assurer leur répercussion.

Le projet commence en septembre 2016 en suivant ce calendrier:

  • Mars 2017 : concrétisation du site Internet et des vidéos de divulgation.
  • Avril 2017 : avant la fin de l’hibernation des chauves-souris, tous les abris doivent être installés sur les parcelles choisies.
  • De juillet à septembre 2017, 2018, 2019 et 2020 : collecte des données sur la densité des chauves-souris et des fléaux dans toutes les parcelles.
  • De juillet 2017 à Octobre 2020 : analyse des données recueillies lors des campagnes estivales
  • Décembre 2020 : publication des résultats obtenus

Quelques mots des bénéficiaires

Nous voudrions exprimer notre sincère gratitude à la Fondation Alchimia Solidaria du soutien qu’elle nous a donné au démarrage de ce projet. Comme entité qui s’occupe de la conservation et la diffusion de la nature depuis près de 20 ans, nous savons comme il est difficile d’obtenir de l’aide pour ce type de projets environnementaux qui souvent, ne sont pas perçus comme prioritaires par notre société.

En ce sens, l’investissement de la Fondation Alchimia a été essentiel pour lancer notre projet. Nous remercions tout particulièrement l’écoute sensible de la Fondation Alchimia Solidaria à notre égard.

Merci !

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